Luminescent

Musique québécoise - Décollage immédiat

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Vous ne resterez pas longtemps sur le plancher des vaches avec Luminescent. Ce tandem montréalais cramponné à la musique relaxante, composé de Coralie Gauthier et Pierre-Olivier Bolduc, marie les sonorités de la harpe et du handpan. Un alliage tout en délicatesse qui vogue tranquillement vers un premier album.

Ils se connaissent depuis quelques années, et un beau jour ils se sont dits oui. Le mariage consacré par Coralie Gauthier et Pierre-Olivier Bolduc a pour église la musique et pour alliance la relaxation. Elle, c’est la joueuse de harpe, en mode celtique ou traditionnel. Douze ans de pratique sous la chevelure et une silhouette gracile faisant écho à son instrument délicat. Lui, c’est l’apôtre du handpan, dont la forme rappelle une soucoupe volante et qui produit des sons feutrés en le tapotant du bout des doigts ou de la paume. Multi-instrumentiste et multicasquettes, « POB », comme on le surnomme, est un spécialiste des percussions du monde, avec un penchant pour les instruments méconnus ou originaux, comme le fameux handpan, ou encore le didgeridoo et le piano à pouces, qu’il
fabrique lui-même et enseigne.

UN PREMIER ALBUM POUR CET HIVER
L’idée de cette association a germé après une séance d’improvisation au pied du mont Royal dans le cadre des Tamtams, une fête populaire enracinée dans l’été montréalais. « Il y avait une compagnie de hand drums qui faisait des démos, je me suis jointe à eux avec ma harpe et j’ai constaté que les sons fonctionnaient très bien ensemble », raconte Coralie, qui collabore aussi avec le trio féminin Fruiting Bodies. Elle s’est alors tournée vers Pierre-Olivier Bolduc, qu’elle connaissait déjà. Sauf qu’avec deux vécus différents dans leur approche de la musique, la collaboration a nécessité quelques ajustements. « J’ai dû adapter mon langage classique, académique, à celui de Pierre-Olivier, plus intuitif dans sa façon de jouer. Mais on finit par se comprendre », sourit la jeune femme au charme scandinave. Au fil des répétitions et des prestations données ici et là, le tandem s’est senti poussé des ailes, assez pour envisager un premier album, lesté d’une quinzaine de compositions originales. Attendu au cours de l’hiver prochain, cet opus aux sonorités variées, qui se cherchait encore un nom quand nous les avons rencontrés, devrait sortir sous le régime de l’autoproduction. Car si la musique est sacrée aux yeux de ces travailleurs autonomes, l’indépendance dans leur démarche artistique l’est tout autant.
ÇA PLANE POUR EUX
À quoi faut-il s’attendre avec Luminescent ? À voyager, loin du plancher des vaches, le doigt appuyé sur la gâchette de la détente. Car on plane au cours de leur face-à-face cousu de délicatesse et d’élégance. D’entrée, on perçoit cette évidence entre leurs instruments, comme si la harpe celtique en fibre de carbone enlaçait le handpan conçu avec un alliage d’acier. C’est à la fois sensuel, atmosphérique et parfois méditatif, surtout quand les bols tibétains s’en mêlent, le duo restant ouvert à d’autres instruments, singuliers ou non. Depuis le début de l’aventure il y a bientôt deux ans, les sollicitations ont augmenté. Partout où Luminescent passe, le stress trépasse, le charme opère, les pulsations diminuent. Comme le 11 novembre 2016 dans l’annexe d’un café de la rue Sainte-Catherine à Montréal. Ce soir-là, l’affluence a dépassé les attentes, les chaises mises à disposition n’ont pas suffi, obligeant les retardataires à s’asseoir par terre ou à rester debout dans l’escalier. Les mines réjouies suffisaient à mesurer le potentiel de séduction de ce tandem pénétrant et sympathique. « Un ami m’a dit que ça faisait du bien à l’âme »,
conclut Coralie. Rien d’autre à ajouter.

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