L'Oratoire Saint-Joseph de Montréal

Nature, culture et spiritualité

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Alors que Montréal s’embrase pour fêter le 375e anniversaire de la ville, en haut du mont Royal, loin des folies citadines, l’Oratoire Saint-Joseph célèbre l’histoire à sa façon. Haut lieu patrimonial et architectural du Québec, l’auguste bâtisse attire chaque année pas moins de 2 millions de visiteurs.


En prenant soin d’éviter les marches en bois, peintes en blanc pour les pèlerins qui montent à genoux, l’ascension vers l’histoire des miracles de Saint-Joseph commence par une petite montée sportive de 283 marches. Le plus grand lieu de dévotion du monde dédié à Saint-Joseph veille également sur la mémoire du frère André, son fondateur. Canonisé en 2010 par Benoît XVI, le petit frère André – comme on l’appelait affectueusement, mais aussi, car il était très petit – est devenu une figure spirituelle majeure du Québec. Au centre de la basilique, l’Oratoire conserve son tombeau et son cœur.

Un peu plus bas, la chapelle votive permet d’observer, soigneusement suspendues aux murs, les rangées de cannes et béquilles, témoignages des guérisons miraculeuses attribuées au saint frère. Plus loin, quelques fidèles admirent la couleur dorée de l’huile de Saint-Joseph, tandis qu’une foule attend patiemment son tour pour déposer aux pieds de la statue l’intention de prière (qu’il est aussi possible de passer via le site internet).

Au fil de ses dédales et recoins, l’Oratoire offre une découverte originale et passionnante de l’héritage religieux du Québec.


UN SECRET BIEN GARDÉ : LES JARDINS DE L’ORATOIRE
Lorsqu’on pense à l’Oratoire Saint-Joseph, symbole spirituel majeur de Montréal, on ne s’imagine pas y trouver l’un des plus beaux écrins de verdure de la ville. Et pourtant, en suivant le vol des mouettes et le pas pressé des religieuses, à peine dissimulé à l’est de l’édifice, se cache un secret bien gardé : les jardins du chemin de croix.

Érables, frênes et chênes, auxquels il faut ajouter une cinquantaine de variétés d’arbres et d’arbustes, côtoient quarante-deux superbes sculptures, en pierre naturelle et marbre de Carrare, créées par l’artiste Louis Parent. Tandis que sur les marches de la fontaine de la Rédemption, un couple de jeunes mariés se fait prendre en photo, quelques touristes égarés s’émerveillent devant l’Agneau de Dieu qui surplombe le bassin. À la tombée de la nuit, les jardins dessinés par le célèbre architecte-paysagiste Frederick G. Todd, s’illuminent grâce au travail de l’impressionniste de la lumière, Jean d’Orsay.

© Nathalie Dumas / Tourisme Montréal



MUSIQUE ET PANORAMA EN HAUTEUR
Moins connu que le belvédère du mont Royal, l’Oratoire Saint-Joseph offre un poste d’observation intimiste et inédit sur tout l’ouest de la ville. Chaque soir, à quelques pas des jardins, visiteurs et pèlerins se rassemblent en silence pour admirer le soleil disparaître à l’horizon. Plongés dans la contemplation des Laurentides au loin, ou du lac Saint-Louis juste à l’est, la féerie s’intensifie lorsqu’un air de Satie ou de Bach se fait entendre. Mélodies folkloriques, chants sacrés, ou airs plus contemporains, le carillon et ses 56 cloches de bronze font vibrer la montagne tout au long de l’année, du mercredi au dimanche. Grâce au vaste projet d’aménagement de l’Oratoire, cette expérience musicale et visuelle promet bientôt de nouvelles sensations.

© Christian Savard


D’ici 2021, le plus haut édifice de la montagne installera un poste d’observation au niveau du dôme de sa basilique et de son lanternon de cuivre. Cette fenêtre sur la ville deviendra ainsi la plus élevée de Montréal.


La petite histoire...
Vol d'un coeur à l'oratoire
La nuit du 16 mars 1973, alors que les pères de l’Oratoire dorment d’un profond sommeil, des voleurs s’introduisent dans le lieu saint. Sans bruit, sans forcer la moindre serrure, ils dérobent le cœur du saint frère André. Au petit matin, les religieux découvrent avec stupeur que le piédestal en marbre, sur lequel reposait la relique, est vide. Une enquête est ouverte et une rançon de 50 000 $ exigée par les mystérieux ravisseurs. Il faudra attendre 21 mois, trois jours avant la veillée de Noël 1974, pour que le cœur soit finalement restitué.

© Christian Savard


PLUS D’INFOS
www.saint-joseph.org


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