Dans les coulisses de la Maison de Napoléon au MBAM

Exposition au Musée des Beaux-Arts de Montréal

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Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), avec la participation du Château de Fontainebleau et le soutien exceptionnel du Mobilier national de France, nous offre une incursion inédite dans la Maison de l’Empereur. Napoléon et sa cour prennent leurs quartiers dans les galeries du MBAM, avec une grande exposition immersive
qui restitue l’ambiance et le faste du palais impérial et nous fait découvrir, de l’intérieur, sa vie quotidienne et son impressionnante organisation.

Il y a quelque chose d’ironique dans l’expression « vie de cour », que l’on est plus volontiers tenté d’associer à la tradition royale qu’à l’étonnante modernité que Napoléon va lui conférer. Pourtant, lorsque le Premier Consul et sa femme quittent leur appartement du Petit-Luxembourg pour s’installer aux Tuileries, en février 1800, on perçoit l’influence de la mondaine Joséphine sur Napoléon, qui va prendre conscience de l’importance stratégique et politique d’organiser autour de lui une véritable vie de palais. Sa « Maison » devient ainsi une institution quasi étatique structurée autour de six départements et comptant près de 3 500 employés au service de l’Empereur.
Si le faste de la vie de cour lui confère son prestige, c’est bien son organisation et son rôle dans le façonnage de l’identité du pouvoir qui vont en écrire la légende. C’est cette organisation que l’exposition nous dévoile pour la première fois en nous invitant à la cour impériale.



L’IMAGE DU POUVOIR
La Maison et ses services sont dirigés par six Grands officiers civils chargés d’administrer le spectacle du pouvoir.
À l’échelle de l’exposition, ce sont autant d’environnements qui s’offrent à un visiteur placé, pour l’occasion,
dans le costume du courtisan : un témoin de l’Étiquette napoléonienne observée à la source du pouvoir, dans l’intimité des espaces de vie du palais, publics comme privés. Il pénètre ainsi dans l’antichambre du pouvoir et rencontre la garde rapprochée de la famille impériale. Il y a le Grand aumônier aux services religieux et le Grand maréchal du Palais à l’administration des 47 palais impériaux; le Grand maître des cérémonies au protocole dans la salle du trône et le Grand chambellan, garant de la vie privée de la famille; enfin, le Grand écuyer aux transports, chevaux et carrosses et le Grand veneur à la chasse à courre. De nouvelles fonctions qui accompagnent une administration rigoureuse de la Maison, à l’efficacité et aux finances irréprochables. Six guides, six regards et une visite fascinante dans les méandres d’un cérémonial au service de la propagande du pouvoir et pont novateur entre deux mondes, cette monarchie que l’on croyait abolie par la Révolution et l’idéal républicain à qui l’on ne saurait lâcher la bride.

François-Pascal-Simon Gérard, Portrait of Napoleon, 
Emperor of the French, in Ceremonial Robes, 1805. 
Château de Fontainebleau-Musée Napoléon Ier. 
Photo © RMN-Grand Palais, 
Art Resource, NY / Gérard Blot.




Andrea Appiani (1754-1817), 
Portrait de Napoléon Bonaparte, Premier consul, 
en uniforme de général de l’Armée d’Italie, 
1801, huile sur toile. Montréal, collection particulière. 
Photo : © MBAM, Christine Guest.




DES COLLECTIONS EXCEPTIONNELLES
L’exposition regroupe plus de 400 œuvres et objets d’exception, dont nombre sont présentés pour la première fois en Amérique du Nord. Des trésors issus des collections de cinquante prêteurs français et américains, parmi lesquels le Musée du Louvre, le Mobilier national de France, le Metropolitan Museum of Art de New York ou encore l’Art Institute de Chicago. Les visiteurs peuvent ainsi admirer des tableaux de David, Ingres, Gros, Appiani ou François Gérard, ou encore de somptueuses pièces de mobilier de Jacob-Desmalter ou de Bellangé, d’orfèvrerie d’Auguste ou d’Odiot, et de porcelaine de Sèvres. Sans oublier des effets personnels de l’Empereur, à l’image d’un bicorne porté par Napoléon durant la campagne de Russie, provenant de la collection de Ben Weider, et à qui l’exposition rend hommage à l’occasion du 10e anniversaire de sa donation au MBAM.

Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), 
Le Songe d’Ossian, plafond de la chambre 
de l’Empereur au palais de Monte Cavallo, 
1813, huile sur toile. 
Montauban, musée Ingres.
© RMN-Grand Palais / Art Resource,
NY / Agence Bulloz.
François Dubois (1790-1871),d’après le dessin de Jacques-Louis
de La Hamayde de Saint-Ange,
L’Amérique de la série « Les Quatre parties du Monde », 
1810, carton de tapisserie pour une portière de la
galerie de Diane aux Tuileries. Paris,
Mobilier national. Collection du
Mobilier national © Isabelle Bideau.




LE PALAIS COMME SI VOUS Y ÉTIEZ
La scénographie est entièrement au service d’une expérience immersive globale qui est offerte aux visiteurs. Elle donne vie aux œuvres exposées en convoquant les fantômes des espaces palatiaux eux-mêmes. Le visiteur est happé dans le quotidien de Napoléon, sa famille et sa cour. Il se trouve ainsi à déambuler entre les espaces et les ambiances, de la salle de banquet à la salle du trône et jusqu’aux appartements privés de la famille impériale, conduit par chacun des Grands officiers, au fil de reconstitutions multimédias qui le transportent et le plongent
dans la légende du palais impérial. Pour cela, l’équipe du Musée a notamment fait appel à l’entreprise montréalaise Graphics eMotion, qui a imaginé un système de projections illusionnistes (3D mapping). Un voyage dans le temps, en somme, servi par la technologie.

 

Manufacture impériale de Sèvres,
deux glacières à têtes d’éléphant, du service
iconographique grec offert au cardinal Fesch
en commémoration du baptême du roi
de Rome, 1810-1811, porcelaine. Genève,
Collection comte et comtesse 

Charles- André Colonna Walewski. 
Photo : © Thierry Genand.

Manufacture impériale de Sèvres,
service à thé dit « fond vert, groupes de fleurs »
et son coffret, 1811, porcelaine dure.
Musée des beaux-arts de Montréal, achat, 

fonds de la Campagne du Musée 1988-1993,
fonds de l’Association des bénévoles du MBAM
et fonds commémoratif Adrienne D’Amours
Pineau et René Pineau.
Photo MBAM, Christine Guest.



Plus d'infos : www.mbam.qc.ca


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Crédits photos:
Photo de couverture : © Antoine-Jean Gros (1771-1835), Napoléon sur le champ de bataille d’Eylau, 1807, huile sur toile. Toledo Museum of Art, purchased with funds from the Libbey Endowment, gift of Edward Drummond Libbey.

Première photo d'article : © Denzil O. Ibbetson (1785-1857), Napoléon sur son lit de mort, 1821, huile sur toile. Genève, Collection Comte et Comtesse Charles-André Colonna Walewski, en prêt à long terme au Musée des beaux-arts de Montréal. Photo © Thierry Genand.