Aux couleurs de l'automne nordique

Balade au Nunavik

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Si l’automne offre un spectacle sans pareil quand il empourpre les feuillages de la Belle Province, qu’en est-il des couleurs à des latitudes moins généreuses en couvert forestier ? Avec ses paysages de toundra et de taïga, le Nunavik n’a pas à rougir de son « été des Indiens ». Ou plutôt, oui : le territoire des Inuits, sis aux confins nordiques du Québec, rougit bel et bien lui aussi. Et s’embrase de couleurs chaudes, sur ses terres comme dans son ciel. C’est l’occasion d’observer sa végétation, sa faune et ses panoramas infinis sous un oeil différent, peu avant qu’un monde de neige et de glace ne prenne ses droits sur l’immense étendue nordique.


UNE TOUNDRA PARÉE DE TRÉSORS
L’été nordique, touchant déjà à sa fin dès la mi-août, laisse place à l’arrière-saison bien avant l’équinoxe d’automne. Au Nord du 55e parallèle, ce dernier débarque donc avant son temps et, avec sa venue hâtive, assaisonne les terres du Grand Nord du Québec de mille et une baies sauvages, qui sont les premières à colorer cette toile de fond immense qu’est le Nunavik. Ses habitants, les Inuits, surtout les femmes, parcourent alors la toundra de part et d’autre pour recueillir ces trésors étalés au grand jour, dont tous se régaleront jusqu’à l’arrivée des premières neiges en octobre. De la camarine noire omniprésente, appelée paurngaq en inuktitut, aux variétés de bleuets qui poussent autant dans de petits bosquets qu’à ras le sol – sorte de myrtille désignée comme kigutanginnaq au Nunavik –, en passant par les airelles rouges, une espèce de petite canneberge aux propriétés médicinales bien appréciée des Inuits qui l’ont baptisée kimminaq ; il y en a pour tous les goûts.
Mais le petit fruit le plus prisé, qui est aussi le tout premier à venir orner la toundra de ses couleurs orangées, est sans conteste la plaquebière ou, en bon Québécois, la chicouté, aussi connue des Inuits sous le nom d’aqpik. Ne poussant qu’en sol humide, souvent au coeur de marécages, les fervents de cette délicieuse baie doivent donc plus souvent qu’autrement braver les moustiques qui y prolifèrent aussi pour en récolter ce précieux butin. À parcourir la toundra ainsi parée d’or, on peut également y découvrir d’autres joyaux de la nature, tels des bois de caribou ou un crâne de boeuf musqué, qui, ayant blanchi sous le soleil de minuit tout l’été, se distinguent en évoquant un passé lourd de contraste.

PLEINS FEUX SUR LE ROYAUME DES CIEUX
Alors que l’été nordique tire sa révérence, le soir reprend peu à peu ses droits sur le jour. Mais le soleil n’a pas dit son dernier mot, s’attardant toujours un peu à l’horizon, le temps d’une ultime représentation haute en couleurs. C’est ainsi qu’au crépuscule, avant d’aller se coucher pour la nuit, l’astre du jour vient embraser les cieux du Nunavik dans une véritable flambée des couleurs. De son coup de pinceau de maître, il laisse derrière lui un chef-d’oeuvre qu’il se vaut de contempler en toute quiétude. Ci dessus, un soleil décadent irradie le ciel de la chaleur de ses deniers rayons, alors que les Inuits s’installent au chaud sous la tente, dans leur tupik traditionnel, profitant de ces derniers moments sur la terre avant l’arrivée de l’hiver. Ici, un inuksuk, cet homme de pierre qui monte la garde, se profile sur un rideau de feu.


                                                                                                        © Miroslav Chum


À LA RENCONTRE DU RÈGNE ANIMAL
Le Nunavik est l’hôte d’une faune arctique incroyable qui vaut à elle seule le détour. Plusieurs forfaits y sont d’ailleurs offerts pour en faire l’observation, surtout en juillet et août, mais aussi en septembre, une fois l’automne déjà bien installé dans le Grand Nord. Alors que le pelage des animaux s’épaissit en prévision du froid mordant de l’hiver qui assaillira bientôt cette terre septentrionale, cette période animée de couleurs chatoyantes est le moment idéal pour peindre en photo ce fabuleux bestiaire. Ainsi vêtus d’une fourrure somptueuse, certaines bêtes, tels umimmak, le boeuf musqué, vestige bien vivant de la préhistoire, ou tuktu, le caribou, emblème canadien, paradent cette collection d’automne pour épater la galerie, mais surtout pour tenter de s’attirer les faveurs des femelles qui sont toute ouïe en cette saison des amours. La toundra alors resplendissante de couleurs vives, c’est aussi l’occasion de repérer certains spécimens, comme amaruk, le loup arctique, qui une fois l’hiver venu se distingueront difficilement de son manteau blanc. D’autres, par contre, comme aqiggiq, le lagopède, cette petite perdrix qui devient blanche comme neige à l’arrivée de celle-ci, arrivent plutôt à se fondre dans le décor et viendront vous surprendre au détour d’une randonnée automnale.



© Heiko Wittenborn

© Heiko Wittenborn


Article écrit en collaboration : Isabelle Dubois & David Lang

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www.parcsnunavik.ca
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