Traversée de la Gaspésie

Au coeur de l'humain

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Depuis bientôt 15 ans, la Gaspésie est le théâtre d’une procession hivernale dont l’écho résonne au-delà des frontières de la péninsule. Une semaine de traversée à ski de fond et en raquettes où l’humain côtoie l’effort dans un décor de carte postale et une ambiance contagieuse. Une expérience qui pour beaucoup reste tatouée sur le coeur.



TDLG : QUATRE LETTRES POUR UNE AVENTURE HUMAINE ET SPORTIVE
TDLG: derrière ces quatre lettres bien connues des initiés, une aventure humaine et sportive. La Traversée de la Gaspésie, qui fêtera sa 15ème édition en janvier 2017 (du 21 au 29), s’est répandue comme une traînée de poudre sur les pistes de la notoriété, forçant les organisateurs à revoir leur copie pour des questions logistiques. D’une centaine de personnes à l’origine, l’événement attire aujourd’hui plus de 200 accros du Québec, du Canada et de l’étranger, qui chaussent leurs skis de fond ou leurs raquettes (cette activité gagnant en popularité) et partent à l’assaut de paysages à couper le souffle, que ce soit au coeur de la chaîne de montagnes des Chic-Chocs, avec une mention spéciale pour la randonnée en raquettes, étourdissante, sur la crête des Vallières, ou dans le parc Forillon à Gaspé, d’où se dégage une impression de bout du monde.



UNE MACHINE BIEN HUILÉE
La grande virée s’est aussi démocratisée, histoire d’attirer un public plus large. Il faut dire qu’à ses débuts, celle qui fut d’abord la Traversée des Laurentides (une région proche de Montréal) était réservée à des purs et durs qui empilaient les distances de spartiates. On parle de 60 à 80 km par jour. Aujourd’hui, l’esprit de compétition a été mis de côté, mais la bonne humeur reste de mise. Durant une semaine riche en émotions, les aventuriers profitent d’un encadrement aux petits oignons. Rien n’est laissé au hasard, de l’accordéoniste accueillant en musique les skieurs et les raquetteurs à l’issue de leur parcours, au petit remontant servi sur les pistes et qui conclut agréablement une journée où le cardio a bien travaillé, en passant par la soirée festive et thématique mettant un point final à cette immersion rassérénante.

© Olivier Pierson
© Olivier Pierson



UNE CROISIÈRE POUR LA 15ème ÉDITION
La TDLG doit beaucoup à Claudine Roy. Une enfant du pays et une « fille du bord de mer », comme elle dit, qui tire son incroyable énergie et sa rage de vivre d’une méningite qui a failli, à peine arrivée dans ce monde, lui coûter la vie. Aux yeux de cette femme d’affaires inspirante, entourée d’une horde de bénévoles animés du même objectif – faire découvrir les charmes et les atouts de la Gaspésie, culinaires entre autres, durant la période creuse de l’hiver – personne n’est banal. C’est d’ailleurs devenu un leitmotiv dans la bouche de celle qui a pratiqué le ski de fond à un haut niveau. Jamais avare de défis, la native de Pointe-à-la-Frégate a souhaité frapper un grand coup pour le 15ème anniversaire de son « bébé », avec une croisière sur le Saint-Laurent, entrecoupée d’escales, qui conduira les participants de Chandler à Montréal, avec en toile de fond le 375e anniversaire de la métropole. Pas mal comme carton d’invitation…



PORTRAITS, PRÉSENTATION! 





JOSÉ LALANCETTE, LE CONTACT À FOND LA CAISSE
Sans eux, pas de TDLG. Ils ouvrent les pistes, assurent la sécurité des participants, ne sont jamais chiches en bouillon pour vous réchauffer, et ramènent au bercail les victimes d’un coup de pompe ou d’un pépin mécanique. Les motoneigistes sont en quelque sorte les saint-bernards de la traversée gaspésienne. José Lalancette est l’un d’eux. Un bon vivant doublé d’un bavard, qui a lui aussi été contaminé par le virus de cet événement intergénérationnel. Pour ce grutier habitué aux éoliennes du Québec, qui fut guide touristique dans une autre vie, la motoneige n’a aucun secret. « J’ai habité à Gaspé pendant 22 ans et j’étais un des rares jeunes à en posséder une », raconte ce grand gaillard de 42 ans, qui en a chevauché 11 depuis l’âge de 9 ans, dont la dernière, un bolide pouvant atteindre 160 km/h, promet une belle dose de sensations fortes. Pour lui, la Traversée de la Gaspésie à ski de fond, c’est sa meilleure semaine de vacances de l’année. « J’ai le virus du monde, j’aime communiquer avec les gens et les encourager sur les pistes quand cela est nécessaire. »


LEYA MASSON: UN BAPTÊME DE FEU!
La benjamine de l’épreuve en 2016, c’était elle : Leya Masson, 16 ans. La TDLG, c’était une première pour elle. Pas de quoi impressionner celle qui pratique le ski de fond depuis ses 5 printemps et a pris part aux championnats canadiens dans sa catégorie. Il faut dire que dans la famille, c’est presque une seconde religion. « C’est notre deuxième sport après le vélo de montagne », glisse Leya, qui est venue à la dernière édition avec sa mère, son grand-père et sa marraine. De son baptême, elle garde beaucoup de belles images en tête, à commencer par l’ambiance conviviale et contagieuse. « Les gens sont de bonne humeur, et à la fin de la journée tout le monde se rassemble et échange. On sent les personnes contentes d’être ici et ça paraît ! » Du côté des pistes, la native de Saint-Férreol-les-Neiges a aussi trouvé son compte : « Chaque jour, on part pour une nouvelle aventure, on s’élance sur des parcours sans savoir dans quoi on s’embarque, et c’est l’fun ! », renchérit celle qui n’exclut pas de rempiler. Qui sait, peut-être dès la prochaine édition!?


JEAN PIERRE LANGLAIS, TOUJOURS DEVANT!
Pour trouver Jean-Pierre Langlais, rien de plus facile : c’est l’homme sous le bonnet blanc à pois rouges. « Ce bonnet, c’est devenu une tradition », sourit celui qui a pris sa retraite en 2012. Il y a pourtant un domaine où il est resté actif, c’est celui du sport, et du ski de fond en particulier, qu’il pratique à fortes doses chaque hiver. Pas étonnant que la Traversée de la Gaspésie lui ait tapé dans l’oeil ! À tel point que cet habitant de Rimouski a pris part à toutes les éditions, excepté la première, « car je ne savais pas que ça existait », précise-t-il. Toujours devant, ce sexagénaire d’une extrême gentillesse a pris l’habitude, tel un éclaireur, d’ouvrir le tracé des skieurs chaque matin. Ce qu’il pense de la TDLG ? « C’est un événement que j’apprécie beaucoup car c’est à la fois sportif, culturel, amical et festif. Des vacances 100 % actives, tout à fait ce qu’il me faut ! », ajoute celui qui participe aussi à la version pédestre du mois de septembre, dans un autre décor… mais toujours dans la bonne humeur !


Informations et inscriptions:
www.tdlg.qc.ca


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