Sur la route de la Baie-James

Road Trip Boréal

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Quand on arrive à Matagami, à 180 km au nord d’Amos, on trouve qu’on a déjà fait beaucoup de chemin. Et pourtant, la petite ville minière, porte du « vrai Nord », comme le proclame une pancarte à son entrée, n’est que le kilomètre 0 d’un périple bien plus long encore : on se trouve au tout début de la route de la Baie-James qui, 620 km plus loin, se termine avec un géant du génie québécois, l’aménagement Robert-Bourassa.


C’est pour transporter ouvriers et matériaux vers les grands projets hydroélectriques du Nord québécois que cette route a été construite.
Prenant le plus court chemin que lui permettent le relief et les lacs, elle ne traverse aucun village sur toute la longueur de son parcours. Par conséquent, elle offre aux voyageurs avides de grands espaces un road trip unique en plein coeur de la taïga, dont les conifères rapetissent à mesure que les kilomètres s’empilent sur le compteur. Une belle occasion de méditer pendant au moins 6 heures sur la taille de la planète…

                                                                                                        © Claude Girard


PLUSIEURS TYPES DE FORÊT : VIERGE, EXPLOITÉE OU CONSUMÉE
On y découvre un Québec rarement présenté dans les guides touristiques : le grand producteur de ressources naturelles.
L’hydroélectricité, bien sûr, mais aussi les mines, dont on croise quelques entrées à l’occasion, et surtout le bois, dans la partie sud de la route, là où les arbres parviennent à grossir suffisamment pour être exploités. On traverse d’immenses parcelles rasées, d’autres fraîchement replantées. Le paysage change au fil des ans, beaucoup plus vite qu'ailleurs. Les camions chargés de billes de bois travaillent fort pour extirper ce matériau de la forêt.
Le feu marque également ce territoire : la taïga met des décennies à s’en remettre.
À partir du kilomètre 275, il faut une bonne heure de route pour traverser les restes calcinés laissés par le plus gros incendie de l’histoire de la province, en 2012. Vue du haut de son immense pont, la rivière Eastmain paraît bien seule au beau milieu des cendres… Cependant, la route de la Baie-James présente sur la grande majorité de son tracé de superbes paysages, typiques du Nord québécois.
De nombreuses haltes ont été aménagées auprès des lacs et rivières d’intérêt, certaines donnant accès à de courtes randonnées, comme au Mont Laurier (kilomètre 10) ou à la rivière Rupert (kilomètre 257). Cette dernière est célèbre pour ses cascades, qui plongent toutefois avec moins de puissance que par le passé, étant donné qu’une partie de son débit a été déviée pour alimenter les réservoirs situés plus au nord, un autre projet titanesque signé Hydro-Québec…

PRESQUE AUTANT DE LACS QUE DE POISSONS

Ailleurs, citons en vrac les lacs Ouescapis, Mirabelli, du Vieux Comptoir, Yasinski et Duncan, qui représentent d’agréables haltes où pique-niquer ou passer la nuit dans un camping rustique, dans l’espoir de voir une aurore boréale – car oui, c’est le bon endroit ! On peut facilement s’occuper pendant deux jours entre Matagami et Radisson, voire plus : les pêcheurs seront aux anges et auront la possibilité de ramener certaines de leurs histoires les plus incroyables ! Attention toutefois à bien localiser le passage du 52e parallèle (indiqué par un panneau) : au nord de celui-ci, les non-résidents du Québec ne sont pas autorisés à pêcher sans passer par les services d’une pourvoirie, ce qui alourdit considérablement la facture… Au sud de cette ligne, un simple permis de pêche suffit. Renseignez-vous auprès de la porte d’enregistrement du kilomètre 6 sur les restrictions propres à chaque saison.

                                                                                                        © Cyril Gressot

RENCONTRE AVEC LES CRIS

Si le manque d’humains se fait sentir, une escapade dans une communauté autochtone crie est possible (lire page suivante), puisque cinq d’entre elles (Waskaganish, Némaska, Eastmain, Wemindji et Chisasibi – compter une heure de piste de gravier pour se rendre dans ces villages) sont situées de part et d’autre de la route de la Baie-James, avec des possibilités d’hébergement et de découverte de la culture de cette nation amérindienne, la plus importante en nombre au Québec.
Au bout de la route, Radisson, localité francophone la plus septentrionale au monde, ne présente pas un grand charme : le village a été aménagé spécialement pour la construction des barrages de la baie James, dans les années 1970. Cependant, ses quelque 300 habitants, véritables amoureux du Nord, sont particulièrement accueillants. On y trouve surtout tout le nécessaire (hôtel, restaurants, épicerie) afin de recharger les batteries avant de reprendre son chemin, vers le sud cette fois… Bonne route et, détail important, n’oubliez pas de faire le plein au relais routier du kilomètre 381. Vous pourriez vous retrouver en mauvaise posture, dans le cas contraire !


Carnet d'adresses:

TOURISME BAIE-JAMES / EEYOU ISTCHEE
Tél. : +1 418 748-8140


COMPLEXE PIERRE-RADISSON
À visiter : le Centre d’interprétation des milieux, la centrale La Grande-1, l’aménagement Robert-Bourassa.
66, avenue des Groseilliers, Radisson.
Tél. : +1 819 638 8486.


MIRAGE AVENTURE/ POURVOIRIE MIRAGE 
Kilomètre 358, route Transtaïga.
Tél. : +1 819 854 5151




CAMP DE PECHE POMERLEAU 
348, chemin nord du lac Chimougamau, Chibougamau
Tél. : +1 418 748 1205




AUBERGE RADISSON 
66, avenue des Groseilliers
Tél : +1 819 638 7201
NATION CRIE DE CHISASIBI 
Via route de la Baie-James, kilomètre 600
Tél : +1 819 855 2875.


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PARCS NUNAVIK
Tel: +1 819 338 3282.


TOURISME NUNAVIK 
Tél. : +1 819 964-2876
AVENTURES INUIT 
Tél. : 514-457-3319