Portrait: Nomadic Massive

Band à part

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Ils sont huit, parfois plus, et dégagent une énergie positive sur scène. Le collectif Nomadic Massive, titulaire d’un troisième album depuis juin dernier, détonne sur la scène hip-hop anglophone montréalaise. Symbole de l’ouverture chevillée à la métropole québécoise, ce groupe contagieux jongle autant avec les langues que les styles.



THE BIG BAND THEORY
C’était le 2 juin dernier au Groove Nation de Montréal. Ce soir-là, Nomadic Massive mettait fin à trois années de disette en présentant officiellement son 3e album, The Big Band Theory, une galette rondouillarde de seize titres aux arrangements luxuriants. Pour beaucoup le plus abouti et cohésif de la bande, avec quelques titres enclumes comme Rap’n’Roll, Duty ou encore Any Sound, qui a servi de catapulte au nouveau-né. Enrobé d’une section de cuivres venue en renfort, comme cela arrive parfois lors de ses prestations live, le clan multiethnique, composé de huit membres, avait livré la marchandise. Le plancher avait tremblé, et chacun de ces artistes avait eu droit à sa part de lumière. C’est ainsi avec cette formation rétive à toute hiérarchie au sein de la famille, battant la mesure hip-hop, sa colonne vertébrale musicale, avec une forte inclinaison à l’ouverture, aimant fouiner du côté du reggae, du jazz, de la soul ou encore de la musique africaine, cubaine ou latine pour tricoter ses pièces.



COUP DE FOUDRE A CUBA
Ces nomades festifs et joyeux doivent un peu au hasard leur apparition sur la planète musique. Le déclic s’est produit lors d’une virée en 2004 à Cuba, où Lou Piensa, un des chanteurs et piliers de la troupe, entretenait quelques contacts pour y avoir vécu. « On a eu l’opportunité de participer à un festival de rap à La Havane. Avant ça, on avait fait pas mal de shows en commun, on était tous issus de la scène hip-hop et le feeling était bon. On a donc décidé de monter un groupe pour participer à ce projet, mais ça n’était pas censé aller plus loin », raconte ce Français d’origine qui a pas mal bourlingué. Sauf que la virée sur l’île communiste a attisé une flamme au lieu de l’étouffer.


LA FRANCE EN 2017?
Douze ans et trois albums plus tard, cette formation polyglotte – elle qui jongle entre l’anglais, le français, le créole, l’espagnol et l’arabe – a fait son trou dans le paysage musical montréalais. Le succès aidant, les tournées ont atteint une dimension canadienne, avec même des incursions chez le voisin du sud, notamment à New York. Et l’Europe$? Pas grand-chose, si ce n’est une participation au Printemps de Bourges en 2013. Un maigre butin au regard du potentiel affiché par cet octuor, comme en témoignent les clips de ses chansons, toujours très soignés. La collaboration de Meryem Saci, pile électrique féminine du collectif avec Nantali Indongo, sur le dernier disque d’Akhenaton, figure emblématique d’IAM, constitue aussi une belle carte de visite pour les Montréalais, qui ont aussi collaboré avec Imhotep, autre samouraï du groupe de rap marseillais. Les choses pourraient changer très bientôt, avec une possible venue en France durant l’été prochain. « On travaille là-dessus, ça fait partie de notre plan d’attaque », glisse Lou Piensa sans trop s’avancer. Si cela devait aboutir, ce serait une bonne nouvelle pour Nomadic Massive, mais aussi pour le public hexagonal, très friand de hip-hop. Car ce collectif ne se contente pas d’être massif, il est aussi contagieux.


© Chris Mancini pour Manikmati Photography 


Le groupe au complet. 
Voix : Meryem Saci, Nantali Indongo, Vox Sambou, Lou Piensa, Waahli. 
Musiciens : Diegal Leger (basse), Ali Sepu (guitare), Butta Beats (batterie).


Plus d'infos:
www.nomadicmassive.com
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