Portrait: Jipé Dalpé

Pas le temps de souffler?

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Chanteur et multi-instrumentiste, le Sherbrookois Jipé Dalpé est un artiste sans cesse en mouvement. Sur scène comme en coulisses, l’auteur-compositeur-interprète ne chôme pas. Toujours un oeil sur le monde qui l’entoure ou sur ses remous intérieurs pour enfanter une chanson. Rencontre avec un hyperactif presque contagieux.

La vie de Jipé Dalpé (Jipé pour Jean-Philippe) ressemble à cette coiffure partant dans tous les sens qu’il arborait le jour de notre rencontre. Le teint hâlé, le natif de Sherbrooke revenait d’un séjour d’un mois à Bali, en Indonésie. « Un voyage d’inspiration », dit-il. L’homme est ainsi : toujours en mouvement. Le repos ? « J’ai beaucoup de difficulté à relaxer », concède ce touche-à-touche que le public français pourra découvrir au mois de novembre, dans le cadre d’une tournée européenne qui le conduira aussi en Belgique, en Suisse et peut-être en Allemagne. L’Hexagone n’est pas une première pour lui. Il y a notamment assuré les premières parties de Miossec et de Thomas Dutronc. Il doit au pays cousin quelques souvenirs impérissables, comme son passage au mythique cabaret des Trois Baudets à Paris, ou encore son concert à la belle étoile lors de la Fête de la musique à Saint-Malo, en 2014.

L’HUMOUR EN BANDOULIÈRE
Chanteur, c’était sa destinée. « Avant même de chanter, je savais que je voulais faire ce métier. » Lui carbure au public et à la scène. Car s’il adore le travail en studio, « avec son côté laboratoire », Jipé Dalpé lâche la bride sous les projecteurs, interagissant souvent avec les spectateurs, dealers de sa came nommée plaisir. Il faut dire que ce trompettiste aguerri – un instrument découvert par hasard, et qui a servi d’amorce à sa carrière actuelle – est un bavard doublé d’un bon vivant, toujours le mot pour rire ou une anecdote en réserve. Une autre facette de ce personnage habitué aux envolées introspectives et nerveuses, comme en attestent ses albums, le dernier, un EP de 5 titres intitulé L’Homme allumette, faisant écho à son énergie débordante. Ses sources d’inspiration ? La vie des autres, mais aussi la sienne. « Plus je vieillis et plus j’ouvre des fenêtres sur moi-même », confie-t-il. Parfois, il prend l’avion pour se mesurer à un autre territoire, puisant dans l’inconnu la substance de ses futures créations. Comme à Bali, ou encore à Paris, où il a écrit la majorité des textes de son deuxième opus, La tête en bois (2012), avec lequel il accomplira une tournée marathon au Québec (deux ans et une centaine de shows).



UN QUATRIÈME DANS LES CARTONS
Chansonnier par conviction, viscéralement attaché à cette langue française dont sa province natale s’échine à en défendre la cause dans un océan anglophone, Jipé Dalpé affiche la mine radieuse des artistes débordés. Quel que soit le rôle endossé (interprète, collaborateur, musicien dans des groupes ou directeur artistique), il jubile. Sur son agenda de boulimique : une collaboration avec le slameur David Goudreault (le premier Québécois à remporter la Coupe du monde de poésie à Paris, en 2011), mais aussi la préparation d’un quatrième album, à
paraître en 2016, qui se cherche encore une identité. Et bien d’autres choses encore.
Mais on va en rester là. Histoire de souffler un peu.