Le Musée des Beaux-Arts de Montréal fait sa révolution

Pavillon pour la paix

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Le 9 novembre 2016 est une date à marquer d’une pierre blanche pour le Musée des beaux-arts de Montréal : celle de l’inauguration du Pavillon pour la Paix. Un nouvel écrin pour une extraordinaire donation : celle de la collection Michal et Renata Hornstein.


UNE VIE DE PASSION
C’est en 2012 que le couple de collectionneurs fait don d’une vie de passion pour les maîtres anciens estimée à plus de 75 millions de dollars. Quatre ans plus tard, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) s’est ainsi enrichi d’un cinquième bâtiment, le fameux Pavillon pour la Paix. Six nouveaux étages d’exposition et de vie qui portent les surfaces du musée à plus de 48 000 m2. Le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein est bien sûr un hommage à la plus importante collection privée jamais confiée à un musée québécois. Il est aussi l’occasion pour le MBAM de redéployer un certain nombre de ses collections parmi les plus emblématiques et d’investir des territoires que l’on n’a pas pour habitude de retrouver dans un tel lieu. L’ambition affichée est claire : réinventer le musée du XXIe siècle.



REPENSER LES ESPACES D'EXPOSITION
Dès ses origines, la directrice générale du MBAM, Nathalie Bondil, a souhaité inscrire ce nouveau pavillon dans une dynamique identitaire et surtout communautaire: cesser de circonscrire l’art au confinement d’une salle pour en faire un objet d’ouverture sur la ville, sur le monde et accessible à tous. Un projet artistique tout sauf anodin lorsqu’on connaît la richesse et la diversité des oeuvres destinées à y être exposées : les collections internationales du musée, du Moyen-Âge à l’art moderne. Ces dernières incluront naturellement les chefs-d’oeuvre des maîtres anciens hollandais et flamands provenant de la donation de Michal et Renata Hornstein. Dans cet esprit d’ouverture, deux partis pris muséographiques contribuent à repenser les espaces de déambulation et, de manière générale, l’expérience sensorielle des visiteurs. Pour commencer, l’expression « espaces d’exposition » prend ici un sens très littéral. Les salles les plus vastes du musée se lient d’espaces de détente dédiés à la contemplation ouverts sur la ville, le fleuve Saint-Laurent et le Mont-Royal. Ensuite, la mise en dialogue des maîtres du passé avec les artistes d’aujourd’hui sera matérialisée par une série de 6 oeuvres contemporaines, une par étage.
Un « Sentier de la Paix » réalisé par Nathalie Bondil et qui met notamment en scène, dans le porte-à-faux du bâtiment, la très graphique création du Français Jean-Michel Othoniel, Noeud Pivoine.

©MBAM/Marc Cramer

©MBAM/Marc Cramer



Un geste architectural pour le 375e de Montréal
Le consortium montréalais Atelier TAG et Jodoin Lamarre Pratte architectes n’en est pas à son premier coup. Mais le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein a suscité les louanges pour son équilibre entre signature originale et intégration dans le patrimoine victorien qui l’entoure – jusqu’à l’obtention du Prix d’Excellence du Canadian Architect 2013. La dentelle de pierre et d’acier, les larges baies de verre et l’anguleux porte-à-faux révèlent une ambiance plus boisée à l’intérieur d’un bâtiment qui prend vie et forme nouvelle le soir tombé. Une ambiance chaude, propice à la fois à la valorisation des oeuvres d’art et à une circulation délibérément lente. Autour du monumental escalier événement, l’aménagement fait ainsi part belle aux espaces de relaxation tournés vers l’extérieur. La rencontre, en somme, entre le dehors et le dedans, les oeuvres et la ville - et au milieu, le public en lien complice. Une « expérience culturelle partagée », selon les mots de Manon Asselin, cofondatrice de l’Atelier TAG.
Et, dans tous les cas, un très beau cadeau pour un 375e anniversaire.

 ©MBAM/Marc Cramer


LE CONCEPT INÉDIT DE "MUSÉO-THÉRAPIE"
Mais le véritable trait d’union entre les collections et le grand public se situe dans un sous-sol habillé pour l’occasion par le célèbre collectif d’art mural MU, emmené par Elizabeth-Ann Doyle. C’est d’ici, aux racines physiques de l’édifice, que s’épanouit le mieux le projet originel de Nathalie Bondil de surprendre les visiteurs en dehors du carcan souvent académique de l’art. La création artistique peut arborer bien des visages et s’exprimer au-delà du mur et de la cimaise, dans des domaines aussi inattendus que la santé et l’éducation. Les expositions éducatives et ateliers ludiques de découverte de l’art dédiés aux scolaires, familles et groupes sociocommunautaires proposés par le MBAM sont victimes de leur succès. Le nouveau pavillon va permettre de presque doubler leur nombre et ainsi répondre à la demande mais aussi développer de nouveaux projets pour les tout-petits (0-5 ans) et les séniors. Autre surprise du Pavillon pour la Paix : l’espace d’art-thérapie ou, pour reprendre l’expression de Nathalie Bondil, le concept de « muséothérapie » : « l’art procure un bien-être, l’art fait du bien ». En partenariat avec l’Université Concordia voisine et pour la première fois dans un musée, des espaces seront dédiés non seulement à des recherches cliniques mais aussi à des consultations médicales en art-thérapie assurées par deux médecins spécialisés. L’institution muséale disparaît ainsi au profit d’un art qui se met au service de la société civile comme rarement auparavant.





Plus d'infos:
www.mbam.qc.ca


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