Le Kin-Ball

Une drôle d'histoire québécoise

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Dans cette province très attachée au hockey sur glace, un sport peut se targuer d’y avoir vu le jour : le kin-ball. Inventée dans les années quatre-vingt par un étudiant montréalais, cette discipline collective détonne avec sa balle démesurée qui sollicite autant les bras que les jambes. À consommer en mode récréatif ou compétitif.


FEDERATION INTERNATIONALE DE KIN BALL
Si vous cherchez la Fédération internationale de kin-ball, vous la trouverez au Québec, dans les coursives du Stade Olympique de Montréal. L’organisme, qui a vu le jour au début des années 2000, rassemble aujourd’hui une quinzaine de pays dont le Canada, le Japon, la France et la Belgique, véritable Big Four de la discipline qui se partage les médailles lors des compétitions internationales, avec une belle razzia de titres pour les Canadiens en Coupe du monde, aussi bien chez les hommes (seul le sacre de 2015 manque à leur palmarès) que chez les femmes, dont la domination est sans partage. À noter que la famille devrait bientôt s’agrandir, avec notamment l’arrivée de Macao et Hong-Kong.
                                                                                                           ©Eric Tirlo


DE LA SCENE AU TERRAIN DE JEU
Le kin-ball, c’est d’abord une histoire québécoise, une histoire qui débute à l’UQAM (Université du Québec à Montréal) au milieu des années quatre-vingt, lorsqu’un de ses étudiants, Mario Demers, cherche alors un moyen de stimuler l’activité physique chez ses compatriotes. Le déclic se produit durant un concert rock où de gros ballons sont lancés dans la foule, accentuant l’euphorie ambiante. Après quelques réglages, ce jeu singulier finit par se trouver un cadre, à savoir trois équipes de quatre joueurs (avec des remplaçants) qui s’affrontent sur un terrain délimité, selon le principe de l’attaque-défense, en maniant une balle qui surprend par sa taille (1,22 m de diamètre pour un poids d’un kilo). Une formation (celle qui attaque) en appelle une seconde (qui va défendre). La troisième, en positionnement stratégique, assiste au duel mais reste sur ses gardes, en cas de contre-attaque soudaine. Le but : faire toucher la sphère au sol, en veillant à respecter une trajectoire ascendante ou nulle. Voilà en gros pour les règles. Le port de genouillères est vivement conseillé, même si elles ne sont pas obligatoires. Car si les bras sont très sollicités, les jambes ne sont pas en reste !


UN POUR TOUS, TOUS POUR UN !
L’atout principal de ce sport non professionnel ouvert à la mixité ? Son accessibilité. « C’est une des valeurs que l’on met en avant, ça ne prend pas beaucoup d’habiletés pour apprendre à jouer », souligne Pierre-Julien Hamel, directeur général de la Fédération internationale. Dominic Papin, un habitant de Granby rompu à sa pratique, abonde dans ce sens : « J’ai déjà vu des personnes âgées y jouer, et je connais quelqu’un qui l’a même adapté pour des handicapés ». Ce dernier insiste aussi sur la coopération inhérente à ce jeu. « Contrairement au hockey ou au football, l’équipe ne peut pas se reposer sur un seul joueur pour faire la différence, c’est vraiment un collectif. » Un argument de poids pour les écoles, qui l’ont intégré depuis longtemps à leur programme d’apprentissage, séduites par les qualités relationnelles que cette activité implique, dans une province qui a compté jusqu’à 15 000 licenciés en 2005 (année de référence), répartis entre différents clubs et associations. Autre argument de taille : le règlement ferme la porte à des écarts trop importants dans le score, « ce qui donne des fins de match intéressantes », appuie Dominic. Et sonne accessoirement le glas d’une humiliation contraire aux valeurs véhiculées par le kin-ball, à commencer par le respect.
                                                                                © Vuite Lucas


Plus d'infos: 
www.kin-ball.com


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