Immortaliser les aurores

Astuces de pros

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Pour prendre un cliché des aurores boréales, il ne suffit pas d’appuyer sur la détente. Bien qu’elles ne soient pas insaisissables, ces défilés célestes ne sont pas du genre à s’éterniser. Il faut donc être prêt à saisir l’occasion lorsqu’elle passe. Voici quelques conseils de certains de nos photographes nordiques favoris qui pourront vous aider à rendre le moment encore plus mémorable.


AVOIR LE BON ÉQUIPEMENT
Tout d’abord, il faudra s’assurer d’avoir le bon équipement. Selon moi, un appareil photo qu’on peut ajuster manuellement est un must, puisqu’il est pratiquement impossible de prendre les aurores en mode automatique et encore moins avec un téléphone intelligent. Mon acolyte, Gilles Boutin, qui a à son actif deux livres illustrés sur les aurores boréales du Québec, en particulier du Nunavik, insiste aussi sur la nécessité d’un trépied, qui permettra les temps de pose plus longs nécessaires à la photo d’aurores, combiné à un déclencheur à distance qui évitera de faire bouger la caméra lors du déclic. « Sans ce support, on pourra toujours déposer la caméra sur une surface stable et utiliser le retardateur pour déclencher la prise d’image », propose notre confrère Pierre Dunnigan comme alternative.

Gilles Boutin et deux objectifs pointés vers leur proie.
©Sylvain Serré.  


DÉJOUER LE FROID
Pierre souligne aussi l’importance d’avoir plus d’une batterie de rechange, car celles-ci seront rapidement vidées de leur énergie par les longues expositions successives, sans compter le froid, qui est plus souvent qu’autrement au rendez-vous avec les aurores boréales. Je garde moi-même toujours mes batteries bien au chaud dans mes grosses mitaines et porte toujours une paire de petits gants à l’intérieur de ces dernières, pour ne pas me geler les doigts au froid mordant du vent du Nord, lors de la manipulation de l’appareil, qui demande plus de précision. Connu sous le nom du bandit de nuit, Gilles Boutin, qui aime bien venir nous visiter au Nunavik, en particulier chez moi à Kuujjuaq, site qu’il considère comme privilégié pour faire la chasse aux aurores, rappelle d'ailleurs que pour bien profiter de ces précieux moments, il faut s’habiller chaudement. Finalement, comme on travaille dans le noir et que l’exercice requiert souvent plusieurs ajustements, je vous recommande aussi d’avoir une petite lampe de poche à portée de la main, ou encore une frontale, qu’on éteindra évidemment au moment de prendre la photo.

©Gilles Boutin


MISE AU POINT ET RÉGLAGES
Armés de tout cet attirail et parés à affronter le froid parfois mordant du Nord, nous sommes maintenant prêts à passer à l’action. Avant tout, il vous faudra faire la mise au point. Comme les aurores restent rarement en place, « on pourra utiliser les toits des maisons, une tente ou un igloo comme point de repère », suggère Pierre, « ou encore les sommets des montagnes, le village illuminé, et pourquoi pas les étoiles », renchérit Gilles. La frontale se révélera alors utile pour ce faire. Mais s’il n’y a rien à l’horizon, nous sommes tous d’accord pour régler manuellement le focus à l’infini. Ensuite, Pierre aime appliquer la méthode 8-8-8, en commençant avec un ISO de 800, une ouverture de f8 et une vitesse de 8 secondes. « À partir de ces réglages de base, on pourra ensuite ajuster soit l’ouverture à f5.6, f4 ou f2.8, soit la vitesse en enlevant ou ajoutant du temps jusqu’à 15, voire même 30 secondes, selon l’intensité des aurores », explique-t-il. Idéalement, on fera tout ça sans trop augmenter l’ISO, qui, attention, plus il est grand, plus il laisse du grain sur l’image. En jouant ainsi avec les réglages, on obtiendra parfois des résultats surprenants. En effet, les appareils photo modernes pouvant capter encore plus de détails, les aurores mêmes les plus pâles en apparence valent la peine d’être immortalisées, se révélant souvent d’autant plus spectaculaires qu’à l’oeil nu. Bonne chasse !

©Gilles Boutin


Le Nunavik: votre ticket pour un spectacle haut en couleur
Alors que les nuits se font plus longues autour du solstice d’hiver, de septembre à mars le ciel nordique du Nunavik se transforme en véritable théâtre en plein air, mettant en vedette le prodigieux ballet des aurores boréales. Pour vous assurer des places aux premières loges de cet incroyable spectacle, Aventures Inuit offre divers forfaits au départ de Kuujjuaq en compagnie de guides autochtones locaux, qui rendront l’expérience d’autant plus authentique.

©Gilles Boutin


Plus d'infos:
Aventures Inuit
Tél: +1 514 457-3319
www.aventuresinuit.com


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