Grands prix cyclistes Québec et Montréal

Un défi devenu réalité

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Depuis 2010, les Grands Prix Cyclistes de Québec et de Montréal amènent au mois de septembre l’élite du peloton cycliste international dans les rues des deux cités. En sept ans, l’événement est devenu incontournable.

C’est un pari osé. Presque un défi : organiser au cœur des deux plus grandes cités du Québec des courses de cyclisme réunissant les plus prestigieux coureurs du monde. Telle est l’idée que Serge Arsenault, ancien grand journaliste de Radio Canada, reconverti dans les affaires, les médias et l’organisation d’événements sportifs, a transformé en réalité en 2010.


LE GPCAM (Grands prix cyclistes d'Amérique du Nord) EN HÉRITAGE
Passionné de cyclisme, il avait été l’organisateur à la fin des années quatre-vingt du Grand Prix Cycliste des Amériques à Montréal, manche disputée de la Coupe du Monde professionnelle et, depuis la disparition de cette course, il rêvait de faire traverser à nouveau l’Atlantique aux vedettes du peloton. À force d’envie et de ténacité,Serge Arsenault obtint en 2010 de l’Union Cycliste Internationale la précieuse licence qui lui permit de mettre sur pied deux courses, les Grands Prix Cyclistes de Québec et de Montréal, seules étapes en Amérique du Nord de l’UCI WorldTour, le circuit majeur du cyclisme où figurent aussi des monuments comme le Tour de France, Paris-Roubaix ou le Tour d’Italie. Ainsi, chaque mois de septembre, un vol nolisé d’Air Transat décolle de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle avec à son bord plus de 350 personnes dont 160 cyclistes, leur encadrement, leur matériel et quelques dizaines de suiveurs en tous genres ? Courir au Québec, où les exploits des forçats de la route ne passionnaient jusqu’alors pas les foules, était une sacrée gageure. Mais Arsenault,
créateur du Marathon International de Montréal, entre autres, aime escalader ces montagnes où atteindre
le sommet n’est pas une promenade de santé. Au départ, organiser une course cycliste de ce niveau au Québec semblait aussi évident que de créer un club de hockey sur glace à Barcelone.


SIX ANS PLUS TARD…
D’un côté, les Grands Prix Cyclistes de Québec et de Montréal réunissent près de 200 000 personnes autour des deux circuits dans une ambiance chaleureuse et enthousiaste. En peu de temps, ils sont devenus, avec le Grand Prix F1 du Canada et la Coupe Rogers de tennis de Montréal (ATP WorldTour), deux des principaux événements
sportifs annuels de la Province. De l’autre, les meilleurs coureurs aiment à la folie ces courses à la fois exigeantes et sincères, où l’extrême professionnalisme de l’organisation se mélange à l’authenticité de l’accueil québécois. Ils sont là pour gagner, c’est certain, mais profitent de la dimension culturelle d’un pays fascinant. « Ce sont des courses que nous adorons disputer, explique Romain Bardet, vainqueur d’étape du Tour de France 2015. Les parcours sont spectaculaires et la façon dont nous sommes choyés par les organisateurs et le public nous pousse à nous dépasser. »
Au fil des éditions, Chris Froome, Alberto Contador, Ryder Hesjedal et bien d’autres ont posé leurs roues sur le sol du Québec. De Voeckler, premier lauréat à Québec, à Sagan en passant par Gilbert, Uran et bien d’autres, le palmarès de chaque course donne la part belle aux plus grands champions. Mais l’esprit des Grands Prix Cyclistes de Québec et de Montréal dépasse l’attrait des aficionados de la petite reine pour une « simple » épreuve cycliste.

                                                                                                                 © CGP

En pratique
• GP de Québec : vendredi 9 septembre au coeur du Vieux-Québec (201 km, 16 tours de 12,6 km).
• GP de Montréal : dimanche 11 septembre au pied du Mont-Royal (205 km, 17 tours de 12,1 km).
• Le Village des Fans est ouvert à tous : exposants, boutique officielle, écrans géants, tribunes et animations.



DE VÉRITABLES CIRCUITS (TOURISTIQUES)
Le circuit de Québec, au départ de la Grande Allée, sillonne les rues étroites du Vieux-Québec. Il longe le fleuve Saint-Laurent, dévale les Plaines d’Abraham, passe devant l’hôtel du Parlement ou le Château Frontenac. Il est une visite guidée des beautés de la Capitale, au rythme des soubresauts du peloton et des encouragements de la foule. Le parcours de Montréal escalade le Mont-Royal et emprunte les voies rendues célèbres par les Jeux Olympiques de 1976. Dans la montée de la Voie Camillien-Houde, principale difficulté du tracé, se massent les supporters les plus fervents. L’ambiance est électrique, comme si les fans de l’Alpe d’Huez avaient pris leurs quartiers d’automne sur les hauteurs de Montréal. Il offre une vue imprenable sur la ville et souligne sa dimension à la fois urbaine et naturelle. À chaque passage sur la ligne, les coureurs perçoivent dans le brouhaha le roulement des tam-tams qui se réunissent chaque dimanche au pied du Monument à Sir George-Étienne Cartier. C’est Montréal dans tous ses paradoxes qui s’offre au peloton.


RASSEMBLER ET RAPPROCHER
Assister aux Grands Prix Cyclistes de Québec et de Montréal, c’est vivre le Québec autrement, comme un trait d’union évident entre la Belle Province et un sport qui a été longtemps un des symboles de la vieille Europe. C’est flâner au rythme de la course et s’enthousiasmer pour un spectacle sportif de haut vol. C’est rencontrer les plus grands champions qui se prêtent avec le sourire au jeu des autographes et des « selfies » (autoportraits, égoportraits). C’est, tout simplement, être acteur et témoin à la fois d’un événement unique, gratuit, populaire et passionnant.

À Québec, l'édition 2015 du Grand Prix cycliste a vu le légendaire Bernard Hinault féliciter le coureur Ryder
Hesjedal, sacré meilleur Canadien, à seize place du champion du jour, le Colombien Rigoberto Uran.

© Pete Photographie


Charly Mottet :
« Des courses uniques »
Ancien numéro un mondial et maillot jaune du Tour de France dans les années quatre-vingtdix, le Français Charly Mottet est aujourd’hui Manager Sport des GPCQM. « J’ai eu la chance de participer au Grand Prix Cycliste
des Amériques durant ma carrière. J’avais été frappé par la qualité de l’organisation et la sympathie de tous. Sportivement, c’était une sacrée course. Depuis que j’ai la chance de collaborer avec les équipes de Serge Arsenault, je me rends compte de l’intérieur de cet état d’esprit que l’on retrouve rarement. Tout est carré, précis mais tout se fait avec le sourire. Ce sont des courses uniques, que les coureurs adorent. »

© Ludovic Péron

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