Fragile roi des rivières

Le Saumon d'Atlantique

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La Belle Province possède en effet un grand nombre de fantastiques rivières à saumons, de la baie d’Ungava au Québec arctique à la péninsule gaspésienne. À ce titre, les cours d’eau comme la Cascapédia, la Matapédia et la Bonaventure en Gaspésie se sont tout simplement élevés au niveau de légendes. Et pour cause, plus d’un tiers des cinquante plus gros saumons atlantiques sauvages jamais pêchés dans le monde proviennent de la péninsule gaspésienne !


UNE VIE DE GRAND MIGRATEUR
Lorsque le saumon entreprend sa première migration vers la mer il prend le nom de « smolt ». Il se dirige alors vers l’océan Atlantique et quitte le golfe du Saint-Laurent avant les grands froids de l’hiver afin de se rendre au large des côtes de Terre-Neuve où les eaux qui bénéficient de l’apport d’eau chaude du Gulf Stream demeurent habituellement entre 10 et 15 °C. Au printemps suivant, une partie de ces jeunes saumons, principalement des mâles, reviendront vers leur rivière d’origine. La majorité des femelles demeureront en mer pour une ou deux années additionnelles. Elles feront alors une migration dans l’Atlantique Nord qui pourra les mener aussi loin que sur les côtes du Groenland, puis reviendront vers les zones d’hivernage au large des côtes de Terre-Neuve. Après cette migration océanique qui peut varier de 1 à 4 ans en fonction des localisations géographiques de leurs rivières natales, ils reviennent avec une grande fidélité sur les frayères des rivières qui les ont vus naître. En raison de ce paramètre ainsi que des adaptations morphologiques et comportementales distinctives en fonction des cours d’eau fréquentés, le comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a divisé le saumon atlantique en cinq populations au Québec. Ainsi, trois populations distinctes se retrouvent chronologiquement d’ouest en est sur les bassinsversants situés au nord du fleuve Saint-Laurent, de la capitale nationale à la Minganie sur la haute Côte-Nord. Les deux autres concernent la péninsule gaspésienne et l’île d’Anticosti. La remontée des rivières s’effectue entre les mois de juin et de septembre. Ils séjournent alors dans des fosses où ils trouvent eaux fraîches et abris tout en dépensant le moins d’énergie possible.


CONSERVATION
Partout au sud du Québec, les populations de saumon atlantique sont en déclin pour des raisons encore mal connues, mais le faible taux de survie en mer a été cité comme la première cause du phénomène. Les faibles connaissances obtenues et l’absence de suivi pour les populations du Nunavik ne permettent pas de connaître l’état actuel et l’évolution des populations au Québec arctique. En ce qui concerne le Québec méridional, l’impact cumulatif des changements climatiques et de l’environnement marin, des pêches autochtones, récréatives et du braconnage, des obstacles en eau douce comme les barrages, l’agriculture, l’urbanisation ainsi que l’aquaculture et les espèces envahissantes, sont montrés du doigt. De plus, une recrudescence de la pêche commerciale des populations sauvages d’environ 30 % depuis 2012 au large du Groenland et de Saint-Pierre-et-Miquelon, est également sévèrement dénoncée dans ce phénomène. Des études génétiques montrent en effet qu’environ 35 % de ces prises proviennent des rivières gaspésiennes et 10 % de celles de la Côte-Nord. De récentes hypothèses scientifiques invoquent également pour expliquer ce faible taux de survie des poissons en mer, un déplacement des ressources alimentaires sur les lieux de recherche conventionnels le long des côtes du Labrador et du Groenland, suite à des variations environnementales du milieu marin avec lesquelles le saumon n’aurait pas eu le temps de co-évoluer et de s’adapter. Au-delà des hypothèses scientifiques et des mystères du monde sauvage, ce charismatique migrateur lutte aujourd’hui pour sa survie à contre-courant des perturbations directes de ses habitats, d’une pression de pêche commerciale grandissante et des changements environnementaux globaux.

Partir à la pêche ?
Que vous soyez néophyte ou initié à la pêche sportive, la Fédération des gestionnaires de rivières à saumon du Québec vous offre de nombreuses informations sur les formalités nécessaires à la pêche du saumon atlantique sur le territoire québécois. Pour en apprendre davantage sur les différentes rivières et règlementations afin d’envisager un voyage de pêche, vous trouverez un grand nombre d’informations ici : 
www.saumonquebec.ca/fr
© Tourisme Québec


Biologie
• Famille : Salmonidés.
• Nom scientifique : Salmo salar.
• Taille moyenne : 50 cm à un mètre.
• Poids : de 2 à 10 kg en moyenne.
• Reproduction : octobre à novembre.
• Temps des jeunes passé en rivière : 1 à 8 ans.
• Période passée en mer : 1 à 4 ans.

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