Expo 67 - partie 2

Reflet d'un avenir rêvé

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1967. Montréal accueille l’Exposition universelle et le Québec passe de l’ombre à la lumière sur la scène internationale. 50 ans plus tard, le journaliste Alain Voisot rembobine le film de ses souvenirs d’enfant pour nous en livrer un témoignage d’une désarmante fraîcheur.





TERRE DES HOMMES
Selon Pierre Dupuy, commissaire général d’Expo 67, « le monde est en marche vers son unité ». La prospérité invite à la générosité. L’Amérique des années soixante s’offre le luxe des Flowers Power, des hippies et du mouvement Peace and Love. Le rock est en pleine lumière et les étudiants militent pour des lendemains meilleurs, une humanité heureuse qui s’épanouit à travers le partage des développements techniques. L’écologie fait ses premiers pas. La promesse du bonheur numérique commence ici. Au pavillon du Japon, une hôtesse est assise devant un clavier de machine à écrire, elle-même connectée à un écran de télévision géant. Le texte qu’elle tape est instantanément retranscrit à l’écran. Nous voilà devant le premier PC. Malgré le drame d’Apollo 1 en janvier de cette année-là, la course vers la lune se poursuit. Elle se concrétisera deux ans plus tard. Le pavillon des États-Unis s’engage fébrilement dans cette démonstration de force. Le pavillon de l’URSS est d’un gigantisme impressionnant et donne une image « idéalisée » d’une version du socialisme. Grande absente, la Chine est en pleine « révolution culturelle ». Pour les jeunes, l’exposition universelle marque une sorte d’épiphanie. Sans l’exposition, ils auraient connu une vie ordinaire, comme celle de tant d’autres avant eux. Au lieu de ça, tous ceux qui ont eu le privilège de la vivre en parlent encore. L’Expo 67 a ouvert les esprits de toute une génération et explique peut-être l’évolution, l’accélération de l’histoire du Québec.




L'héritage de l'expo 67 va au-delà du visible. Il est au cœur du rayonnement du Québec contemporain. 


Une philosophie humaniste
Le logo de l’Expo 67 a été dessiné par l’artiste montréalais Julien Hébert. Les cryptogrammes représentent des hommes, les bras tendus vers le ciel, formant une couronne autour de la terre. Les paires représentent l’amitié universelle. Le concept thématique est inspiré de l’ouvrage éponyme d’Antoine de Saint- Exupéry « Terre des Hommes ».



2017, L'HÉRITAGE
L’héritage de l’Expo 67 est aujourd’hui encore visible. Quelques dalles de bétons et bien des détails sont encore là, cinquante ans après. Des reliques ont survécu. Il existe un circuit culturel gratuit qui présente aussi de nombreuses oeuvres d’art construites pour l’occasion : l’imposante sculpture « L’Homme » d’Alexander Calder, le « Signe solaire » de Jean le Fébure et le Totem Kwakiutl des artistes aborigènes Tony et Henry Hunt pour le Pavillon des Premières Nations. Sept pavillons nationaux sont toujours debout dans ce qui est devenu le parc Jean-Drapeau. Le pavillon de la France est devenu le casino de Montréal en 1993. Le gigantesque dôme géodésique conçu par l’architecte et inventeur Buckminster Fuller est passé de pavillon des États-Unis à l’actuelle Biosphère. Le pavillon du Canada abrite maintenant les bureaux de la Société du parc Jean-Drapeau, tandis que celui de la Jamaïque est devenu une salle de réception. Le pavillon de la Tunisie abrite des bureaux. Le pavillon de la Corée ne subsiste que par sa structure en bois. De son côté, bien visible depuis le centre du Vieux-Montréal, Habitat 67 de Moshe Safdie a été classé monument historique en 2009. Sur le plan urbanistique, Montréal conserve l’autoroute Décarie et le tunnel Louis-Hyppolyte-Lafontaine de même que l’édification de plusieurs grands édifices comme la Place Bonaventure, la Plaza Alexis Nihon et le Château Champlain. En 1978, une piste de course automobile est construite sur l’île Notre-Dame pour recevoir le Grand Prix de Formule 1 du Canada. Mais l’héritage de l’Expo 67 va au-delà du visible. Il a aussi permis le développement, à Montréal et ailleurs au Québec, d’un goût et d’un savoir-faire dans l’organisation de festivals et de grands événements culturels. En somme, elle est au cœur du rayonnement de la Province, aujourd’hui.







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