Escapade à Québec - partie 4

La relève de la garde - La Citadelle de Québec

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Dans le Vieux-Québec, sur le point culminant de la capitale, se dresse une citadelle. La protection de ce fort est assurée par le Royal 22e régiment canadien. Le changement de la garde y rassemble les militaires du 24 juin, journée de la fête du Québec, jusqu’au 5 septembre. Un spectacle solennel ! À elle seule, cette cérémonie grandiose vaut le déplacement.

À 10 heures pile, le silence se fait au terrain de la parade dans l’enceinte des murs de la citadelle près des plaines
d’Abraham. Sous la musique de la fanfare militaire, les soldats et les gradés déambulent au pas devant les visiteurs. L’inspection de la troupe par les officiers se fait en uniforme cérémonial. Cette coutume se répète depuis 1928, soit presque 90 ans, et ne fut interrompue que durant la Seconde Guerre mondiale. Les militaires sont au garde à vous. On devine leurs yeux cachés sous les poils d’ours de leur bonnet. Au
cun sourire ne se dessine sur les visages. Le moment est solennel. Trentecinq minutes plus tard, ils retournent à leur caserne, située dans l’enceinte-même de la citadelle.

MAÎTRE CHAPELIER
Quel bel uniforme que celui de la sentinelle du R22e régiment ! Le si caractéristique couvre-chef tire son origine de la France. La garde impériale de l’empereur Napoléon portait le hautde- forme sans bord pour son effet dissuasif. Les soldats paraissaient plus grands, en plus de tromper l’ennemi, qui visait le milieu de la coiffure. La vie de plusieurs militaires fut ainsi épargnée et le stratagème perdura. À la défaite de Waterloo, les Britanniques adoptent ce couvre-chef. Le roi d’Angleterre, Georges VI, complètera l’habit du pantalon noir à plis et de la veste rouge écarlate ornée de blanc. Boutons, ceinture et gants y donnent une touche de prestige. Quelques années
plus tard, l’uniforme traverse l’océan Atlantique pour parer nos soldats canadiens de cette grande tenue, encore de rigueur aujourd’hui. Elle est aussi portée depuis 1940 par les gardes des palais de Buckingham et de Saint-James, en Grande-Bretagne. L’insigne du bataillon qui décore l’habit québécois représente un castor, qui symbolise la bravoure et l’assiduité au travail. C’est ce badge qui différencie les costumes revêtus à Québec,Ottawa et Buckingham. La grande coiffe est confectionnée en peau d’ours du Canada. Elle nécessite huit heures de travail au chapelier du régiment lui-même – mais affiche une durée de vie d’une quarantaine d’années. Le 22e régiment de Québec en possède deux cent cinquante, ornées d’une plume d’autruche rouge qui marque leur grade de premier rang.

La mascotte du régiment
Un bouc assiste à cette cérémonie haute en couleur. Bâtisse, la mascotte du régiment, symbolise le courage et la vie de famille. La coutume remonte en 1844 lorsque le Shah de Perse remet en cadeau un couple de chèvre à
la reine Victoria. Aussitôt, il devient le porte-bonheur du Royal Welch Fusiliers. Élisabeth II d’Angleterre renoue la tradition en offrant un premier bouc au 22e régiment en 1955. On le nomme Bâtisse. On peint ses cornes couleur or, chaque jour. En alternance, il travaille avec trois autres congénères, dont la 11e génération descend directement du premier animal donné par Sa Majesté. Dans leur temps de repos, ils folâtrent à la campagne, à Sainte-Apollinaire, en banlieue de Québec.


LA CITADELLE DE QUÉBEC
L’emplacement de cette impressionnante forteresse a été choisi stratégiquement pour répondre à une fonction défensive. Elle est située en bordure de l’immense fleuve Saint-Laurent, sur le cap Diamant, le point culminant de la ville de Québec. Le bâtiment est intégré aux fortifications de la vieille ville. Dès 1690, il assurait déjà la sécurité des premiers colons. Érigé d’abord en bois, il est remplacé par une fortification de pierre dès 1745 avant d’adopter, en 1820, sa forme actuelle en étoile sous l’égide de Britanniques désireux de muscler leur défense face
aux États-Unis. Il y accueille aujourd’hui le Royal 22e Régiment et un musée dédié à leur histoire. Le gouverneur général du Canada y loge quelques semaines par année. Le fort, nommé le Gibraltar d’Amérique, est désigné lieu
historique national du Canada depuis 1980. Plusieurs de ces bâtiments sont d’ailleurs inscrits au Répertoire des lieux patrimoniaux du Canada.


UN RÉGIMENT ROYAL
L’unique régiment d’infanterie francophone au sein de la Force de l’armée canadienne a ses quartiers généraux dans une partie de la citadelle. La garnison y fait vivre les traditions comme le tir de canon à midi, la cérémonie de la retraite et la relève de la garde quotidienne. Les fantassins du 22e sont appelés les Vandoos. Les militaires canadiens anglophones s’amusaient à prononcer le mot vingt-deux en français avec un accent anglais. Le surnom leur est resté.


Où dormir ? Notre coup de coeur:
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Niché entre l’île d’Orléans et la Côtede- Beaupré, non loin des célèbres chutes Montmorency, cette bâtisse de construction récente au charme des maisons d’antan accueille un gîte des plus accueillants. On y apprécie, outre la magnifique panorama sur le fleuve Saint-Laurent, le confort des chambres spacieuses qui arborent toutes une thématique différente tout en restant dans le style champêtre. Les petits déjeuners « à la québécoise» sont élaborés avec les nombreux produits locaux de la région qui depuis toujours a servi de jardin à la ville de Québec. www.leroyalchampetre.com


                                                                                                © Le Royal Champêtre



Carnet d'adresses:


CITADELLE DE QUÉBEC ET MUSÉE ROYAL 
DU 22E RÉGIMENT
1, Côte de la Citadelle, Québec
Tél. : + 1 418 694-2815
Voir la fiche Best of Québec
www.lacitadelle.qc.ca/fr/
OFFICE DE TOURISME DE QUÉBEC
Tél. : + 1 418 641 6290
Sans frais : + 1 1 877 783 1608
www.quebecregion.com

LE ROYAL CHAMPÊTRE
5494, avenuye Royale, Boischatel
Tél. : + 1 418-822-3500
Voir la fiche Best of Québec
www.leroyalchampetre.com



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